Préparé par le Bureau de l'éthique des IRSC
Juin 2005
Acronymes
Résumé
Introduction
I. Mot de bienvenue et remarques préliminaires
II. Aperçu des questions de conflits d'intérêt institutionnels
Présentation des deux questions principales
I. Commandite de la recherche en santé
II. Publication et diffusion des résultats de la recherche
Stratégies particulières ciblées
I. Recommandations
II. Commentaires sur l'annexe du Protocole d'entente des trois Conseils
III. Plan d'action des IRSC
Conclusion
Annexe A - Principales préoccupations éthiques et stratégies concrètes proposées
Annexe B - Liste des participants
CER - Comités d'éthique de la recherche
IRSC - Instituts de recherche en santé du Canada
CRSH - Conseil de recherches en sciences humaines
CRSNG - Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie
CPE - Comité permanent sur l'éthique
AAHRPP - Association for the Accreditation of Human Research Protection Programs (É.-U.)
JAMC -Journal de l'Association médicale canadienne
PhRMA - Pharmaceutical Research and Manufacturers of America (É.-U.)
Rx&D - Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada
Ce rapport résume les discussions qui ont eu lieu à l'occasion de la réunion nationale sur invitation portant sur les conflits d'intérêt institutionnels, organisée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) les 22 et 23 octobre 2004 au Château Cartier à Aylmer, Québec. Les membres du Comité permanent sur l'éthique (CPE) des IRSC ont déterminé que la question des conflits d'intérêt institutionnels est une nouvelle priorité. Le CPE croit que les IRSC ont un rôle à jouer en encourageant les discussions dans le milieu de la recherche en santé sur la façon de traiter les conflits d'intérêt institutionnels et en donnant l'exemple. Le CPE propose que les IRSC invitent des représentants des diverses parties intéressées afin de discuter de ces questions et de trouver des solutions. Devant l'ampleur de la question des conflits d'intérêt institutionnels, le comité de planification a préféré, à l'occasion de cette réunion, se concentrer sur deux sujets précis : la commandite de la recherche en santé, et la publication et la diffusion des résultats de la recherche.
Cette réunion sur invitation regroupait des commanditaires privés et publics de la recherche, des chercheurs, des participants à la recherche, des membres de comités d'éthique de la recherche, des experts en éthique et en droit, et des rédacteurs en chef de revues.
La rencontre avait pour objectifs de :
De plus, parmi les autres résultats visés de la réunion, on a suggéré la préparation d'un plan d'action à court terme pour les IRSC et l'obtention de commentaires sur l'annexe proposée du protocole d'entente des trois Conseils sur les conflits d'intérêt.
Christine Fitzgerald, Vice-présidente, Affaires générales, IRSC, a souhaité la bienvenue aux participants à l'atelier et a insisté sur l'importance que revêt la question des conflits d'intérêt pour les IRSC.
Susan Sherwin, professeure et chercheure en philosophie à l'Université Dalhousie, et présidente du comité de planification, a présenté quelques-unes des raisons pour lesquelles la question du conflit d'intérêt est une priorité importante pour les IRSC. Le mandat des IRSC est d'encourager la recherche, de s'assurer qu'elle est conforme à l'éthique et d'en faciliter la commercialisation. Ainsi, la position des IRSC sur la question des conflits d'intérêt doit être clarifiée. Une source de préoccupations est le conflit potentiel entre les mandats d'autres institutions canadiennes, qu'il s'agisse d'institutions de financement ou de recherche comme les universités et les hôpitaux. Cette situation est la conséquence de la tendance actuelle du gouvernement à exiger que les universités fassent plus d'efforts pour trouver des possibilités de recherche et du financement privé.
Gordon DuVal, bioéthicien, Centre conjoint de bioéthique de l'Université de Toronto
M. DuVal a commencé sa présentation en citant le Dr Jonathan Quick : « Si les essais cliniques deviennent une entreprise commerciale dans laquelle les intérêts privés l'emportent sur l'intérêt public et le désir l'emporte sur la science, il y a rupture du contrat social qui permet la recherche sur des sujets humains en échange d'avancées médicales ». Il a souligné l'importance de tenir compte du contrat social auquel le Dr Quick fait référence.
M. DuVal a indiqué que le risque que des conflits d'intérêt de nature financière ou autre influencent la prise de décisions des chercheurs est un problème bien connu et que les politiques relatives aux conflits d'intérêt sont devenues plus courantes, surtout dans les centres de recherche universitaires et professionnels et les groupes de pression. Il a cependant indiqué qu'on reconnaît de plus en plus que les institutions elles aussi peuvent subir des pressions, financières ou non, susceptibles de biaiser un processus de prise de décisions responsable.
M. DuVal a décrit les divers intérêts secondaires d'une institution - ou de ses décideurs - susceptibles de miner la capacité de l'organisation à respecter ses obligations principales. Il a décrit plusieurs situations où, dans certaines institutions, le processus approprié de prise de décisions est compromis et a suggéré des façons de les prendre en charge, comme accorder la priorité aux politiques et procédures, révéler les conflits d'intérêt institutionnels et élaborer des mécanismes de surveillance.
La présentation de M. DuVal a suscité un certain nombre de questions et de commentaires. D'autres discussions ont porté sur les comités sur les conflits d'intérêt et sur le rôle des comités d'éthique de la recherche (CER). Une des observations portait sur la comparaison de la situation actuelle au Canada avec celle qui prévaut aux États-Unis, où on a davantage d'expérience dans l'utilisation de mesures précises permettant de traiter les questions de conflits d'intérêt institutionnels. D'autres solutions créatives ont été suggérées, notamment la création, dans les centres universitaires, d'instituts de recherche séparés qui permettent d'isoler les recherches financées par le privé des autres formes de recherche.
Président : Daryl Pullman, Professeur agrégé d'éthique médicale, Faculté de médecine, Université Memorial
Exposé de position
Michael McDonald, bioéthicien, directeur du Centre d'éthique appliquée W. Maurice Young, Université de la Colombie-Britannique
M. McDonald, membre du CPE et du comité de planification, a exposé son opinion sur les conflits d'intérêt institutionnels. Il a décrit une situation de conflit d'intérêt comme une situation où il y a de bonnes raisons de croire que le jugement indépendant nécessaire pour assumer une responsabilité de fiduciaire peut être compromis. Dans une telle situation, le conflit devrait être évité, signalé ou géré de manière appropriée. M. McDonald a abordé le lien qui existe entre l'industrie et les universités, ainsi que les tensions fondamentales inhérentes aux divers rôles joués par les institutions publiques. Il a aussi souligné l'importance de déterminer qui, au sein d'une institution, doit assumer la responsabilité des questions de conflits d'intérêt institutionnels. Il a terminé sa présentation en proposant dix solutions pratiques pour faire face à la question des conflits d'intérêt institutionnels et il a livré ses impressions sur l'application des mesures proposées. Il recommande une approche concertée et que la transparence, la responsabilité à l'égard du public et la participation du public dans le processus soient au coeur des préoccupations. La liste des recommandations discutées en groupe par les participants se trouve à la section « Stratégies particulières ciblées » de ce rapport.
Réponse selon la perspective d'un établissement de recherche
Bill McBlain, vice-recteur principal agrégé (recherche), Université de l'Alberta
M. McBlain a abordé le sujet des obstacles institutionnels qui interfèrent avec la capacité des établissements de recherche à gérer les conflits d'intérêt institutionnels. Il est d'accord avec M. McDonald qui estime que la responsabilité des questions de conflits d'intérêt institutionnels repose sur les institutions, et non sur le public ou les médias. M. McBlain appuie l'idée de la divulgation comme moyen de gérer certains conflits d'intérêt institutionnels, tout en insistant sur l'importance de l'uniformité et de règles fondamentales nationales de transparence dans toutes les universités canadiennes. Il ajoute qu'on peut s'attendre à de la résistance là où la divulgation va à l'encontre de la culture universitaire et des notions d'indépendance universitaire. Il a insisté sur la nécessité de l'éducation afin de susciter 1) la reconnaissance de la complexité de la situation dans les universités; 2) la reconnaissance de l'importance de s'occuper de la perception du conflit d'intérêts autant que de sa réalité; 3) l'instauration de solutions pratiques comme celles proposées par M. McDonald.
Réponse selon la perspective d'un commanditaire
Koenraad Blot, directeur, Recherche clinique, Pfizer Canada Inc.
Dr Blot a traité de l'importance de faire une distinction entre les commanditaires qui ne sont pas nécessairement responsables de la conduite de la recherche, ni intéressés à ses résultats, comme les organismes de financement, et ceux qui, en vertu de la définition réglementaire, ont un certain niveau de responsabilité vis-à-vis des organismes de réglementation et qui ont des intérêts dans les résultats de la recherche. Il reconnaît que le risque de conflits d'intérêt est présent avec tous les commanditaires, mais indique que l'industrie pharmaceutique a élaboré et mis en ouvre des normes rigoureuses et des procédures d'exploitation inspirées des règlements en vigueur aux États-Unis, au Canada et dans l'Union européenne. En ce qui concerne les questions de conflits d'intérêt, l'industrie met l'accent sur l'importance de la formation, de la documentation, de la surveillance, de la validation et de la vérification. Dr Blot a aussi fait quelques remarques sur le processus de consentement éclairé. Il indique que, même s'il s'agit du moment le plus crucial pour les participants à une recherche, les commanditaires ignorent habituellement la façon dont ce consentement est obtenu. Il propose que le processus de consentement soit administré par une partie neutre.
Réponse selon la perspective d'un chercheur
John Cairns, chef de projet, Recherche clinique, Initiatives transversales des IRSC
Dr Cairns a comparé les progrès notables réalisés au Canada en ce qui concerne les conflits d'intérêt individuels avec le rythme beaucoup plus lent des conflits d'intérêt institutionnels. Il reconnaît que les conflits d'intérêt peuvent menacer les programmes de recherche institutionnels, les stagiaires, les sujets humains et l'intégrité de la recherche elle-même. Il indique que, dans la gestion de ces questions, des politiques institutionnelles transparentes et bien diffusées sont essentielles. Lorsque de telles politiques sont élaborées, elles doivent être appliquées rigoureusement pour être efficaces. Il suggère de profiter du succès obtenu dans le domaine des conflits d'intérêt individuels pour gérer les conflits d'intérêt institutionnels. Dr Cairns exprime son soutien aux comités sur les conflits d'intérêt et attire l'attention sur les problèmes qui risquent de se poser relativement à l'indépendance des membres. Il a aussi insisté sur l'importance d'adopter une approche de haut en bas en ce qui concerne cette question et de s'assurer que les membres des facultés et les cadres des universités sont informés des politiques de conflits d'intérêt et de conflits d'intérêt institutionnels. Il indique qu'on pourrait réduire les risques de malentendus et limiter les obligations si on accordait un pouvoir de signature de contrat exclusif à des cadres universitaires désignés. Dr Cairns ajoute que la question des conflits d'intérêt institutionnels devrait aussi inclure une discussion sur le programme de commercialisation des IRSC et sur les véritables risques de conflits.
Questions et réponses
Les participants ont été invités à discuter brièvement des présentations. Bien que tous s'entendent sur la nécessité pressante de normes nationales uniformes, de nombreuses questions ont été soulevées dont : la façon d'assurer l'uniformité des politiques institutionnelles au pays; les responsables du rôle de surveillance et de l'application de telles normes; la façon de s'assurer de l'indépendance des CER ou des comités sur les conflits d'intérêt institutionnels; la mise sur pied de comités régionaux comme option viable pour gérer les questions de conflits d'intérêt institutionnels; la possibilité d'adopter une approche axée sur la gestion du risque dans la gestion des conflits d'intérêt institutionnels et les paramètres à respecter en cas de partenariat (par exemple, est-il acceptable de s'associer à des compagnies de tabac?). On a commenté les dangers d'un excès de réglementation, qui risquerait de dissuader les initiatives de recherche, ainsi que l'importance d'élargir la portée de ces exigences afin de viser l'ensemble de la recherche en santé.
Présidente : Susan Zimmerman, Associée, Borden Ladner Gervais
Exposé de position
Timothy Caulfield, directeur de recherche, Institut du droit de la santé, Université de l'Alberta
M. Caulfield a abordé le sujet de la diffusion des résultats de recherche, dans le sens large de méthode de diffusion des résultats au public, plutôt que dans le sens de publications destinées aux pairs. Il a d'abord présenté les diverses sources de conflits d'intérêt institutionnels dans la diffusion de la recherche, puis il a parlé des effets néfastes de ces conflits sur l'environnement de recherche et sur la perception qu'a le public de la science.
Sur le sujet de la recherche et du programme économique, M. Caulfield a souligné l'augmentation des liens commerciaux des universités et le mandat de commercialisation d'organismes comme les IRSC et Génome Canada imposé par la loi. Il s'est servi d'un concept appelé « cercle vicieux du battage médiatique » pour illustrer la tendance à publier des messages excessivement positifs sur la recherche et ses résultats et le risque accru de perdre la confiance du public.
Pour clore sa présentation, M. Caulfield a proposé un certain nombre de recommandations pour faire face aux problèmes de conflits d'intérêt institutionnels dans la publication et la diffusion des résultats de la recherche. Une liste des recommandations dont les participants ont discuté en groupe se trouve à la section « Stratégies particulières ciblées » de ce rapport.
Réponse selon la perspective d'un établissement de recherche
Sandra Crocker, directrice adjointe (recherche), Université Queen's
Mme Crocker a abordé le sujet des difficultés d'application des changements apportés aux politiques de conflits d'intérêt et aux politiques en matière d'éthique dans un environnement universitaire, surtout lorsqu'il semble y avoir un écart entre les nouvelles politiques et les clauses des ententes collectives facultaires. Elle laisse entendre que, même si les conflits d'intérêt ne peuvent être éliminés, nous pouvons améliorer notre façon d'y faire face (individuellement ou en tant qu'institution).
Mme Crocker indique qu'il est irréaliste d'obliger les CER à examiner les contrats pour vérifier si les clauses de publication et de confidentialité sont appropriées, car cela les éloignerait de leur mandat principal qui est de protéger les sujets humains. Il faudrait plutôt mettre en place un mécanisme qui permettrait d'assurer aux CER que les contrats sont examinés sous l'angle des conflits d'intérêt. Mme Crocker cite comme exemple l'approche de l'Université Queen's, qui consiste à confier la responsabilité de l'examen des contrats à des conseillers juridiques qui doivent signaler au comité d'éthique tout problème ou préoccupation. Elle a aussi insisté sur l'importance de prendre les dispositions appropriées avec les compagnies dans lesquelles les universités ont des intérêts financiers et elle a mentionné les mesures qu'a prises l'Université Queen's pour remédier à cette situation.
Réponse selon la perspective d'un commanditaire
Marianne Vanderwel, directrice adjointe, surveillance réglementaire des produits pharmaceutiques de la compagnie, Pfizer Inc.
Mme Vanderwel a présenté les règles de conduite en matière d'essais cliniques et de communication des résultats produites par l'Association commerciale de l'industrie pharmaceutique américaine (PhRMA). Ces règles préconisent la communication en temps opportun d'importants résultats issus d'études sur des produits mis en marché, peu importe les conséquences. Les récentes propositions concernant l'enregistrement des essais cliniques ont fait l'objet de discussions, de même que les réponses initiales de PhRMA et de diverses compagnies pharmaceutiques indiquant leur engagement à mieux communiquer les résultats d'études cliniques des médicaments mis en marché. Elle s'est dite préoccupée par la divulgation de résultats d'essais qui en étaient au stade initial de mise au point de produits expérimentaux parce qu'il faut protéger la propriété intellectuelle. Enfin, elle propose des solutions pour restaurer la confiance du public dans le processus de recherche comme, par exemple, la mise en place d'un système canadien d'accréditation des programmes de protection de la recherche avec les humains.
Réponse selon la perspective d'un chercheur
Glenville Jones, professeur au pavillon Craine, directeur du département de biochimie et professeur au département de médecine, Université Queen's
Dr Jones a d'abord fait remarquer le fossé qui existe habituellement dans les établissements de recherche entre les spécialistes en éthique et les chercheurs. Il indique que le manque de communication entre ces deux groupes est un problème et que les chercheurs n'accordent généralement pas toute l'attention qu'ils devraient aux questions de conflits d'intérêt institutionnels.
Dr Jones a ensuite décrit sa participation dans la création d'une entreprise dérivée. Il a ainsi partagé ses observations et les leçons qu'il a tirées de son expérience. Il a donné des exemples où la publication est affectée par la commercialisation et où les pressions pour empêcher la publication entrent en jeu. Il estime qu'il faut maintenir un équilibre et une séparation entre les activités dérivées et la recherche scientifique fondamentale en cours.
Dr Jones recommande que les IRSC et les universités fassent de plus grands efforts pour comprendre les pressions qui sont exercées sur les chercheurs et que les contrats de recherche fondamentale soient examinés par les CER.
Réponse selon la perspective d'un rédacteur en chef de revue
John Hoey, rédacteur en chef, Journal de l'Association médicale canadienne (JAMC)
Dr Hoey a présenté son point de vue en tant que rédacteur en chef et membre du Comité international des rédacteurs de revues médicales. Il a décrit les divers niveaux de conflits d'intérêt à l'aide d'un graphique en pyramide, dans lequel les conflits d'intérêt financiers se trouvent au sommet et représentent la petite portion susceptible de miner la confiance du public. Au deuxième niveau se trouvent les influences personnelles, sociales et institutionnelles exercées par les universités, les commanditaires et les fondations dédiées à des affections spécifiques pour obtenir des résultats positifs. Au troisième niveau, on trouve l'incompétence de certains chercheurs, qui se traduit souvent par des manuscrits mal conçus. La partie inférieure représente la négligence ou les petites erreurs rattrapées au fil du processus d'édition. On ne parle presque jamais des deux derniers niveaux, qui sont la responsabilité des universités.
Dr Hoey a aussi souligné l'importance de « l'entonnoir » de la science fondamentale qui est grandement financé par des fonds de capital-risque. Il exprime son inquiétude devant la tendance grandissante à cibler la recherche, ce qui a un effet de sélection sur la science fondamentale et qui peut avoir pour résultat la méconnaissance d'un plus grand nombre de « maladies orphelines ». La raison en est que ceux qui financent la recherche fondamentale ne sont pas intéressés à poursuivre certains types de recherches.
Tour de table et discussion plénière
À la suite de la discussion de groupe, Me Zimmerman a animé une discussion ouverte sur le sujet.
Une discussion animée s'est déroulée autour de l'enregistrement des essais cliniques. Certains participants ont mis en cause la résistance des représentants de l'industrie à publier les résultats d'essais. La question de la nature de l'information à inclure dans le registre a aussi été soulevée, et il a été proposé d'informer les patients, avant leur participation à un essai dont les résultats de recherche ne seront pas divulgués. Il a aussi été proposé d'équilibrer la nécessité de transparence avec les contraintes commerciales des entreprises.
La question de la confiance du public a été abordée ainsi que la nécessité de fournir de l'information supplémentaire aux participants à des essais cliniques afin que leur consentement soit véritablement éclairé.
Les participants ont discuté des recommandations de MM. McDonald et Caulfield présentées dans leurs exposés de position. Voici les recommandations qui ont reçu l'approbation de tous les participants.
Commandite de la recherche en santé
Publication et diffusion des résultats de la recherche
Les participants ont fait d'autres recommandations. Elles concernent les mesures qui pourraient être prises à l'échelle nationale.
Suggestions de sujets de recherche. Les participants ont proposé, sous forme de questions, de nombreux sujets de recherche concernant les conflits d'intérêt institutionnels. Ces questions sont regroupées dans les catégories générales suivantes :
On a demandé aux participants de commenter l'annexe proposée sur les conflits d'intérêt institutionnels établi par les trois Conseils (CRSH, CRSNG, IRSC) et qui devrait faire partie du protocole d'entente sur les rôles et responsabilités des établissements de recherche et des organismes de financement dans la gestion des fonds fédéraux. Voici les commentaires des participants :
Les participants ont fait des recommandations aux IRSC en vue d'un plan d'action pour l'année qui vient. Voici leurs suggestions :
Mme Susan Sherwin a mis fin à la réunion en remerciant les participants de leur présence et participation aux discussions. Elle a indiqué que le comité de planification fera un compte rendu des résultats de l'atelier au CPE.
Les groupes ont été invités à examiner deux études de cas afin de repérer les préoccupations d'ordre éthique inhérentes aux conflits d'intérêt institutionnels et de proposer des stratégies concrètes pour y remédier.
Étude de cas no 1.
Un jeune et brillant scientifique a, dans un grand centre de recherche hospitalier, mis au point une molécule prometteuse comme nouveau traitement révolutionnaire de la maladie d'Alzheimer. Toutefois, amener ce nouveau médicament potentiel ne serait ce qu'au stade des premiers essais cliniques coûterait très cher. L'hôpital négocie donc avec des investisseurs en capital de risque l'obtention du gros du financement nécessaire pour la mise au point du médicament, et, pour sa part, mettrait à disposition ses installations, ainsi que l'expertise scientifique et le travail accompli jusque là par l'inventeur et son équipe de recherche. Une société serait fondée, qui posséderait, développerait et commercialiserait la technologie, et qui gérerait la recherche. En vertu de l'entente, l'hôpital obtiendrait une participation dans la nouvelle société et aurait droit à une part égale des gains tirés de la technologie, une fois le capital de risque remboursé. L'hôpital aurait également le droit de nommer trois personnes au conseil d'administration de la nouvelle société, et l'intention serait de nommer des membres du conseil d'administration ou de la haute direction de l'hôpital. Les membres du conseil d'administration recevraient une modeste indemnisation, mais aussi des options pour acheter des actions, qui pourraient devenir extrêmement précieuses si le nouveau médicament est mis sur le marché ou cédé sous licence ou vendu à une grande société pharmaceutique. Le scientifique de l'hôpital serait nommé à un poste de direction au sein de la société et recevrait un salaire, en plus des actions ou options qui lui seraient offertes
Principales préoccupations éthiques soulevées :
Responsabilités des établissements de recherche face aux questions de conflits d'intérêt institutionnels :
Éléments d'une gestion efficace des conflits d'intérêt institutionnels :
Questions et réponses :
Étude de cas no 2
Dre Productive est la présidente du CER d'un grand hôpital général. Elle est aussi une chercheure de longue date et la chercheure principale dans divers essais cliniques financés par l'industrie et entrepris surtout, mais pas uniquement, à l'initiative de chercheurs. Elle entretient également des liens étroits avec un certain nombre de sociétés pharmaceutiques et de sociétés de biotechnologie. Elle joue le rôle de consultante et fait partie de plusieurs services de conférenciers pour l'industrie. Ses études sont soumises à l'approbation du CER de son propre hôpital, mais elle ne participe pas au vote lorsqu'elle est concernée.
Principales préoccupations éthiques soulevées :
Responsabilités des établissements de recherche face aux questions de conflits d'intérêt institutionnels :
Éléments d'une gestion efficace des conflits d'intérêt institutionnels :
Questions et réponses :
Dre Janet Atkinson-Grosjean
Centre d'éthique appliquée W. Maurice Young
Université de la Colombie-Britannique
M. David Bell
Superviseur
Division de l'analyse et coordination de la politque, DPPP/DGPS
Santé Canada
Dr David Brener
Directeur, Programmes d'application de la recherche
Portefeuille de la recherche
Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC)
M. Richard Carpentier
Directeur exécutif
Conseil national d'éthique en recherche chez l'humain (CNERH)
Dr An-Wen Chan
Conseiller en recherche et médecin
Université de Toronto
Dr Denis Cournoyer
Professeur agrégé
Bureau d'éthique de la recherche
Centre de santé de l'Unviersité McGill
Mme Barbara Cox
Directrice
Bureau administratif de la recherche
Université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador
Dr Henry Dinsdale
Professeur émérite
Université Queen's
Prof. John B. Dossetor
Professeur émérite (médecine/bioéthique)
Université de l'Alberta
Mme Martine Dupré
Secrétaire générale
Secrétariat du Conseil
Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
Dre Diane T. Finegood
Directrice scientifique
Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète des IRSC
M. Norman Frohlich
Professeur
Département d'administration des affaires
École de gestion de l'I.H Asper
Université du Manitoba
Dre Brenda L. Gallie
Directrice, Division de l'informatique appliquée au cancer
Réseau de santé universitaire - Hôpital Princess Margaret
Institut du cancer de l'Ontario
Dr Gordon R. Gray
Professeur
Département de phytologie
Université de la Saskatchewan
Dr Ronald Heslegrave
Président, Comité d'éthique de la recherche
Réseau de santé universitaire - Hôpital Mount Sinai
Comité d'éthique de la recherche de l'Ontario
M. Derek J. Jones
Directeur exécutif
Secrétariat en éthique de la recherche
Groupe d'experts de l'éthique en recherche
Dre Lyne Létourneau
Professeure sous octroi
Centre de recherche en biologie de la reproduction
Département des sciences animales, Université Laval
M. Benoît Lussier
Directeur adjoint
Institut du cancer (IRSC)
Dr Jean Marion
Directeur, Affaires scientifiques
Rx&D
Dre Barbara McGillivray
Présidente,
Conseil national d'éthique en recherche chez l'humain (CNERH)
M. Gilles Morier
Directeur
Subventions de recherche et éthique
Université d'Ottawa
Dr Daryl Pullman
Professeur agrégé
Éthique en médecine
Université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador
Mme Stephanie Robertson
Directrice adjointe
Institut de génétique (IRSC)
Dr Francis Rolleston
Président, NR Ottawa CER
Dre Noralou P. Roos
Professeure
Sciences de la santé communautaire
Université du Manitoba
Dr Wayne S. Rosen
Département de chirurgie
Bureau de l'éthique en médecine, Université de Calgary
M. Charles A. Shields, Jr
Directeur, Relations extérieures
Instituts de recherche en santé du Canada
Mme Susan V. Zimmerman
Associée
Borden Ladner Gervais
EMPLOYÉS DU BUREAU DE L'ÉTHIQUE DES IRSC
Me Patricia Kosseim
Directrice par intérim, Bureau de l'éthique
Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC)
Dre Geneviève Dubois-Flynn
Conseillère principale, Politique en matière d'éthique, Bureau de l'éthique
Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC)
ANIMATEURS
Dre Kathleen Oberle
Professeure agrégée
Faculté des sciences infirmières
Université de Calgary
Mme Lise Hebabi
Groupe Intersol
CONFÉRENCIERS
Dr Koenraad Blot
Directeur
Opérations médicales
Pfizer Canada Inc.
Dr John A. Cairns
Professeur de médecine
Université de la Colombie-Britannique et chef de projet de l'Initiative de recherche clinique des IRSC
Dr Timothy Caulfield
Professeur et titulaire d'une chaire de recherche du Canada en droit et politique Faculté de droit et Faculté de médecine et de médecine dentaire
Directeur de recherche, Institut du droit de la santé
Université de l'Alberta
Mme Sandra Crocker
Directrice adjointe (recherche)
Université Queen's
M. Gordon DuVal
Bioéthiste
Centre conjoint de bioéthique
Université de Toronto
Dr John Hoey
Rédacteur en chef
JAMC
Dr Glenville Jones
Professeur au pavillon Craine et directeur du département de biochimie
Professeur, Département de médecine
Université Queen's
Dr William A. McBlain
Vice-recteur principal agrégé (recherche)
Bureau des services de recherche
Université de l'Alberta
M. Michael McDonald
Directeur
Centre d'éthique appliquée W. Maurice Young
Université de la Colombie-Britannique
Dre Susan Sherwin
Professeure
Département de philosophie
Université Dalhousie
Mme Marianne Vanderwel
Directrice adjointe
Surveillance réglementaire des produits pharmaceutiques
Pfizer Canada Inc.