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Automne 2005 - Numéro 4

Le rôle clé des comités consultatifs locaux dans le projet NAOMI

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Les comités consultatifs locaux jouent un rôle clé dans la surveillance du premier essai clinique nord-américain portant sur la prescription d'héroïne à des héroïnomanes qui ne répondent pas aux formes de traitement conventionnelles.

Le chercheur principal, Dr Martin Schechter, de l'Université de Colombie-Britannique, explique : « Cette étude a des incidences sur un éventail d'intervenants : policiers, procureurs, médecins, groupes communautaires, organismes clients, autorités sanitaires régionales, intervenants en santé publique et autres. Nous avons donc jugé essentiel de créer des comités locaux pour nous conseiller tout au long du processus. Cette approche, facilite la communication bidirectionnelle et assure des avis précieux pour la conception et la mise en oeuvre de l'étude. »

Lancée à Vancouver le 9 février 2005, l'Initiative nord-américaine sur les médicaments opiacés (NAOMI - North American Opiate Medication Initiative) est un essai clinique soigneusement contrôlé, qui doit permettre de déterminer « si des héroïnomanes n'ayant pas bien répondu à des programmes de traitement d'entretien à la méthadone répétés peuvent profiter d'un programme où l'héroïne est prescrite par un médecin ». Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) versent 8,1 millions de dollars pour cette étude, approuvée par Santé Canada.

L'étude a suscité quelque polémique, certains chercheurs considérant préférable de traiter les héroïnomanes avec le chlorhydrate de méthadone, le traitement privilégié en Amérique du Nord. Administrée oralement, la méthadone supprime la sensation de manque, prévient les symptômes de sevrage et s'avère souvent efficace. Toutefois, 10 à 20 % de la population des héroïnomanes ne répond pas à ces traitements et ces personnes sont surreprésentées au niveau des problèmes de santé publique, de justice pénale et d'ordre public liés à la consommation de drogue.

Des comités consultatifs ont été établis dans chacune des trois villes participantes - Montréal, Toronto et Vancouver. Ces comités rassemblent régulièrement des représentants des collèges de médecins provinciaux, des gouvernements, des services de maintien de l'ordre, des groupes communautaires, des spécialistes en toxicomanie et des toxicomanes.

Les comités d'éthique de la recherche des trois établissements promoteurs du projet NAOMI, l'Université de Colombie-Britannique, le Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto et l'Université de Montréal, ont donné leur aval à l'étude et fourni certains conseils. Le Dr Schechter précise : « Pendant la conception de l'étude, nous avons demandé l'avis des comités d'éthique de la recherche à de nombreuses occasions et, bien sûr, leur approbation a dû être obtenue à chaque fois que nous devions modifier le protocole. »

Dr Martin Schechter

Dr Martin Schechter,
Chercheur principal,
Université de la Colombie-Britannique,
Centre for Health Evaluation and Outcome Sciences

Selon le Dr Schechter, NAOMI soulève des préoccupations sociales et éthiques majeures liées à la toxicomanie. L'objectif est de dégager des pistes pour améliorer la santé des héroïnomanes chroniques et ouvrir de nouvelles avenues pour réinsérer ces personnes dans la société. Les chercheurs posent l'hypothèse que le traitement à l'héroïne peut aussi aider à enrayer la consommation de drogues illicites et la criminalité liée aux drogues.

Le Dr Alan Bernstein, président des IRSC, a déclaré : « Il y a entre 60 000 et 90 000 Canadiens héroïnomanes, et les coûts - aux plans de la détresse humaine, de la santé publique, des problèmes sociaux et de la criminalité - sont effarants. Le Canada et d'autres pays ont donc besoin d'effectuer des études comme NAOMI pour explorer de nouvelles façons de diminuer la souffrance causée par cette forme de toxicomanie. »

La distribution gratuite d'héroïne à des toxicomanes soulève non seulement des questions éthiques mais aussi des questions juridiques.

NAOMI offre les garanties de confidentialité attendues dans les projets de recherche. Selon le Dr Schechter, pour qu'il soit justifié de passer outre à la confidentialité, il faut qu'une loi l'exige. Par exemple, si un participant exprime l'intention de causer du tort à une autre personne, il faut le déclarer. Ceci vaut pour tous les chercheurs et est mentionné dans le formulaire de consentement éclairé.

« Bien sûr, l'étude a ses particularités, » précise le Dr Schechter. « Par exemple, un observateur peut raisonnablement déduire que les personnes qui entrent et sortent de la clinique sont des utilisateurs de drogues injectables. Par contre, nous travaillons en collaboration étroite avec les policiers et aucun agent n'est posté devant la clinique pour arrêter les gens. En fait, ce serait une perte de temps car les participants à l'étude sont peu susceptibles de transporter des drogues illicites. Contrairement à ce que certains pourraient croire, les services de police locaux, les procureurs et les juges sont très favorables à l'étude. »

Au total, 470 personnes participeront au projet NAOMI, à Vancouver, à Montréal et à Toronto.


Pour plus d'informations, voir le site Web (en anglais seulement).