![]() |
L'Éthique en direct! |
![]() Dre Susan Sherwin |
Les Prix Killam sont décernés annuellement par le Conseil des Arts du Canada (un dans chacun des domaines du génie, des sciences naturelles, des sciences sociales et humaines et la science de la santé). Ces prix, de 100 000 $ chacun, sont les plus prestigieuses distinctions canadiennes accordées en reconnaissance des réalisations exceptionnelles des universités.
« C'est un grand honneur pour moi de recevoir le Prix Killam, car je connais un grand nombre de chercheurs qui font un excellent travail; je suis donc très honorée d'avoir été choisie », dit la Dre Sherwin.
Cette année marque le 25e anniversaire des Prix Killam, financés par des fonds provenant d'un don fait au Conseil des Arts par Mme Dorothy J. Killam en mémoire de son époux, Izaak Walton Killam. Ces prix honorent d'éminents chercheurs et scientifiques canadiens oeuvrant activement au sein d'entreprises privées, d'organismes gouvernementaux et d'universités.
La Dre Susan Sherwin est une chercheuse internationalement reconnue dans le domaine de la bioéthique féministe, c'est-à-dire, la relation entre le genre et l'éthique en médecine et en soins de santé. Elle est présentement professeure de recherche de philosophie et en études sur le genre et la condition féminine à l'Université Dalhousie.
« Mes recherches en éthique féministe des soins de santé ciblent les domaines où se posent des questions de justice sociale, notamment l'incidence de certaines politiques et pratiques sur les femmes et les groupes vulnérables », souligne la Dre Sherwin.
« Mes travaux sont axés en partie sur le genre de recherches qui sont financées et la nature des questions qui sont examinées », dit la Dre Sherwin. « Par exemple, on investit beaucoup d'argent en génomique, mais très peu de fonds sont investis dans la recherche sur les déterminants sociaux et économiques de la santé, alors qu'un grand nombre de données indiquent que ce sont les interventions sur les plans social et économique qui influent le plus sur la santé humaine. Je crois que nous devons réfléchir de manière critique aux intérêts qui sont servis ou négligés, en l'occurrence ».
Bien que la Dre Sherwin ait commencé ses études universitaires en logique et philosophie des mathématiques, elle est rapidement passée à l'éthique des soins de santé et à la philosophie féministe. Au milieu des années 1980, la Dre Sherwin a combiné ces deux domaines de recherche pour étudier les implications d'une approche expressément féministe de la bioéthique.
En 1992, elle a publié No Longer Patient: Feminist Ethics and Health Care, premier livre à traiter spécifiquement de l'éthique des soins de santé et du féminisme.
La Dre Sherwin a été coordonnatrice du Réseau de la recherche en éthique féministe des soins de santé (financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada), et elle a été membre de divers conseils consultatifs à l'échelle nationale et internationale, dont le Comité consultatif sur les technologies de reproduction et de génétique de Santé Canada.
En 2000, la Dre Sherwin a reçu le Prix Sarah Shorten de l'Association canadienne des professeures et professeurs d'université, pour sa contribution à l'avancement des femmes dans les universités canadiennes et, en 2004, elle a été nommée distinguée femme philosophe de l'année 2004 par la Société des femmes en philosophie (SWP), aux États-Unis. La Dre Sherwin détient un baccalauréat ès arts de l'Université York et un doctorat de l'Université Stanford.
« Je considère le Prix Killam comme un prix collectif et non un prix personnel, étant donné que la recherche est un travail de collaboration », dit la Dre Sherwin ». « Je veux réellement pouvoir faire ma part pour la société, qui a été si généreuse à mon égard ».
![]() Meredith Schwartz reçoit la bourse Douglas Kinsella de recherche au doctorat en bioéthique |
En offrant la bourse Douglas Kinsella, le Bureau de l'éthique et l'Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite des IRSC honorent les réalisations du Dr Kinsella en bioéthique et son travail de promotion, durant toute sa carrière, du traitement éthique des humains dans la recherche. La bourse Douglas Kinsella est offerte au candidat qui se classe premier au concours pour la Bourse de recherche au doctorat des IRSC dont la recherche porte sur des aspects éthiques de la santé et/ou de la recherche en santé. Il s'agit d'un supplément d'un montant de 15 000 $ pour les frais de déplacement liés à la participation du candidat à des recherches et à des conférences.
« J'ai été vraiment surprise, émue et honorée d'obtenir la bourse Kinsella », dit Mme Schwartz. « Je m'estime également très chanceuse, étant donné que la bourse me permet de profiter d'un grand nombre d'occasions intéressantes, par exemple la possibilité de participer à la conférence de la Société internationale de bioéthique à Beijing, en Chine, pour présenter mes recherches à un auditoire plus diversifié ».
Le projet de recherche primé de Mme Schwartz est intitulé « Individual Responsibility and Primary Prevention: Ethics, Genetics, and the Asymptomatic Ill ».
« Mes recherche visent à élaborer un cadre de réflexion sur le sens que porte l'étiquette « à risque » pour des raisons génétiques », souligne Mme Schwartz. « J'examine la question de savoir si des valeurs différentes influent sur la perception qu'a le patient du risque, de la prise en charge et de la responsabilité. L'hypothèse dominante en Amérique du Nord est que la santé est un état individuel qui peut faire l'objet d'un suivi et d'une prise en charge. Mes recherches examinent les implications de cette hypothèse dans le contexte du traitement du patient ».
Mme Schwartz rédige son mémoire sous la supervision de la Dre Susan Sherwin du Département de philosophie, et elle explore les théories philosophiques de la causalité pour déterminer la mesure dans laquelle la maladie peut être considérée comme causée par le patient (et, par conséquent, sa responsabilité) lorsque les patients ont accès aux tests génétiques de la susceptibilité à la maladie.
« J'espère améliorer la prestation des services de santé en mettant à la disposition des conseillers en génétique et des patients « à risque » un cadre éthique qui définit les responsabilités des patients qui présentent des vulnérabilités sur le plan génétique », dit Mme Schwartz. « Lorsque j'ai appris que j'allais recevoir cette bourse, je me suis renseignée sur le Dr Kinsella, et je suis restée béate d'admiration devant son intégrité et son engagement éthique », dit Mme Schwartz. « En tant que lauréate de cette bourse, je m'efforcerai d'être à la hauteur ».
| T. Douglas Kinsella, CM, MD, FRPC (15 février 1932 - 15 juin 2004) a consacré une grande partie de sa vie au domaine de la bioéthique, y compris à la recherche sur les opinions des médecins au sujet des questions éthiques, légales et médicales qui ont trait au suicide assisté, à l'euthanasie involontaire et à la recherche génétique. Il a aussi été un chef de file de l'éthique en recherche, et en particulier des questions de gouvernance et d'éthique inhérentes aux expériences avec des sujets humains. Jusqu'à sa mort, le Dr Kinsella a continué d'être influent dans le monde de la bioéthique à titre de représentant en matière d'éthique du conseil consultatif de l'Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite des IRSC. |